samedi 2 janvier 2016

[Chapitre 4] Fête de la Tabaski

Les vendeurs de montons sont arrivés de loin pour l'occasion, souvent du Mali et de Mauritanie. Depuis plusieurs jours, ils exposent leur marchandise en bord de route, aux carrefours, sous les ponts ou encore sur les marchés. Pour la fête de la Tabaski, chaque famille doit égorger au moins un mouton, en souvenir du sacrifice d'Abraham.

La préparation de la fête prend une grande importance. C'est avant tout un moment de partage et de joie. Elle permet de réunir la famille, les voisins, de partager avec les plus démunis et de demander le pardon à ceux qui auraient été offensés, même sans le vouloir. Les maisons sont ouvertes pour tous les hôtes. Les musulmans invitent leurs voisins chrétiens, qui ouvriront naturellement leurs portent en retour à Pâques, pour Noël et pour tous les événements d'importance. Parce qu'aux Sénégal, au-delà des religions, c'est la fraternité qui fait foi. Dans les grandes familles, il peut y avoir 6 ou 7 moutons à égorger, autant de travail pour les découper et les préparer. Dans ce cas, la fête se prolongera le lendemain. Toute la famille s'affaire pour faire de cet événement le plus festif de l'année. Je suis conviée dans la famille de Bollel. J'irai pour 13 ou 14:00, Inch Allah.

9:00, je suis réveillée depuis bien longtemps déjà. L'Imâm lance l'appel à la prière. J'entends raisonner les muezzins de tous les environs. Assise sur la terrasse de la Maison, je lis les aventures d'un voyageur, parti de Bénarès à Kyoto par voie terrestre. Je ne partage pas sa vision du monde. Je me lasse de son récit rempli de métaphores, d'appels charnels et de jugements faussement philosophiques.

10:30. Je tends l'oreille. Les moutons se sont tus.

J'enfile ma tenue de fête et prends le chemin de Keur Massar, où habitent Bollel et sa famille. J'ai passé la journée d'hier chez eux. Sa maman m'a fait cadeau d'un superbe boubou blanc à motifs oranges et turquoises. La robe me va parfaitement. Il a fallu réduire un peu sa longueur. Je me bats avec le pagne, trop long lui aussi. Par chance, j'ai une aiguille et du fil blanc, ce qui me permets de l'ajuster. Je m'en passerai bien, mais ma robe est transparente...
Je marche jusqu'au carrefour où attendent habituellement les clandos, ces taxis clandestins complètement dézinguées. Point de clando en ce jour de fête. J'appelle Bollel qui me dit de "solliciter un taxi" et de lui passer le chauffeur par téléphone. Ils discutent, longuement, du prix et de la destination. À côté de moi, une petite fille de peut-être 10 ou 12 ans, cherche également un taxi pour parcourir les 500m qui la séparent de la maison de ses grands-parents. Elle me demande si elle peut se joindre à moi, car c'est la même route. À l'annonce du prix, 5000fr, elle me dit "il va te faire très cher!". Fin de la conversation, fin des négociations. Ce sera 3000frs. En route.



Avant d'entrer chez Bollel et sa famille, je passe à la supérette acheter quelques bouteilles de jus. La veille, je m'étais entretenue avec Nafi, sa sœur, pour savoir ce qu'il faut apporter pour le foyer en pareilles circonstances. J'arrive quiète puisque mes présents sont de circonstance.
Dans la pièce principale, sorte de corridor central, la maman tri les morceaux de mouton dans deux bassines, assise à même le sol. Les mouchent virevoltent et se régalent de tant de chaire à l'air libre. Une des sœurs se tient près d'un réchaud à charbon, posé sur le carrelage, dans lequel bout de l'huile pour les frites. Une autre coupe les oignons, assise par terre également. Elles évoluent nus pieds ou en tongues, circulent à quatre-pattes. À coup de balais, elles chassent les épluchures un peu plus loin.
Dans un coin de la pièce gisent les membres du défunt animal, désolidarisés. La coiffe et les cornes sont abandonnées à proximité. La panse trempe dans un sceau eau. L'odeur, et la vue de la barbaque, me soulèvent le cœur. Je me place stratégiquement à l'abri du lieu du carnage.
C'est le défilé des voisins, venus présenter le pardon et partager un peu de viande. Il est 14:00, le déjeuner devrait arriver plus tard, vers 17:00 peut être, Inch Allah. D'ici là, on fait rougir un peu de charbon pour faire griller des côtelettes. C'est le premier round. Premiers morceaux de mouton. Je ne sais pas encore que c'est loin d'être le dernier...
Nafi ouvre une bouteille de jus et apporte des verres de l'extérieur. Elle les distribue. Je suis attentivement le va et vient des gobelets afin de m'assurer que je suis la seule à boire dans celui qui me sera tendu. De vieux réflexes hygiénistes me reviennent. J'essaie de chasser ces pensées, au risque de ne rien manger ni boire...


C'est l'heure d'aller manger chez les voisins. Eux aussi ont tué le mouton ce matin. Il est cuisiné en ragoût, avec des olives. Le plat est présenté dans une unique et gigantesque coupelle en étain rond. Les frites ramollies baignent dans la sauce. "Tu sais manger avec mes mains?" me demande l'un d'entre eux.
"Tu vas m'apprendre!". Me voilà armée d'un seul bout de pain comme ustensile. Une chose me manque : où se laver les mains? Le grand frère m'apporte une bassine d'eau claire. Je suis la première à y tremper les mains. Allez, ça va bien... Mieux vaut cela que rien du tout...
Voilà 7 ou 8 mains gauches plongées dans la sauce, à décortiquer les morceaux de bidoche. Les doigts aguerris à l'exercice séparent efficacement la chaire et m'en portent devant moi. Je mange en essayant de ne pas réfléchir à la scène, à ces membres plus ou moins propres qui malaxent cette pitance, pourtant fort bonne, aux microbes qui circulent, sans nuls doute, d'une main à une bouche, puis à une autre... Je suis consciente du caractère inédit de la scène. Je me sens parachutée loin, très loin de mon environnement.
"Il faut manger hein! Encore"... Je ne sais comment refuser. J'en suis à mon second plat de mouton de la journée, et il en reste au moins un autre, celui de la famille de Bollel.
Pour finir, un garçon apporte une nouvelle bassine avec du détergent pour se débarrasser de la graisse du mouton. Comment leur dire qu'il aurait fallu commencer par là? Commencer par désinfecter les membres avec lesquels manger?  La route est encore longue...
Après quelques félicitations à la cuisinière, nous traversons la rue en terre battue pour rentrer dans l'habitation familiale. Le thé chauffe. Il aide, parait-il, à la digestion. Je vais en avoir besoin! Mon estomac commence à me dire qu'il a ingurgité trop de gras pour aujourd'hui.
Le voisin, un grand gaillard braqué nous rejoint. Je prends mon premier cours de wolof, la langue nationale (le français étant la langue administrative). Je suis une piètre élève. Mais je note! Il m'a donné un nom sénégalais, proche de Marine. On rit beaucoup.
Celui qu'on surnomme " l'homme aux 12 métiers" s'absente et revient avec un tube de glue. Il a vu que ma sandale se décolle et y remédie dans la seconde. Pour le remercie, nous prendrons des photos en tenue traditionnelle. Inch Allah!

Nouveau tour de thé. Le rituel est invariant. Celui qui le prépare fait longuement bouillir l'eau sur un petit réchaud à charbon de bois. Il faut ensuite y ajouter le thé, parfois de la menthe ou du basilic. Ensuite commence la valse des verres. De l'un à l'autre, le thé s'élance de près de 40cm de hauteur, autant de fois que nécessaire pour faire monter la mousse à la moitié du verre. Ceci ne sert à rien d'autre qu'à décorer les verres. Le liquide brûlant est offert aux hôtes par ordre d'importance. Le nombre de verres est porté à 3. Sont servis, dans cet ordre, le chef de familles, l'invité de marque et la fratrie, puis le reste de la maisonnée. Une fois le verre vide, il est sommairement rincé puis rempli à nouveau pour un autre convive. Je suis contente de boire la première. Une fois encore, j'évite de penser au cycle des bactéries qui pourraient circuler...


Troisième round. J'attaque mon troisième plat de ragoût de l'après-midi. Il est 17:00. Je prends place dans une pièce au calme avec les sœurs et la voisine chrétienne. Le grand plat rond est plein de gros morceaux de viande, je pense que ce sont les plus beaux. Je n'en peux plus... C'est un supplice! Le spectacle des mains pataugeant dans la sauce m'écœure. Malgré cela, j'apprécie ce moment loin du temps et de l'espace.

[Chapitre 3] Va-t-on y arriver ?

Mardi 22 septembre, bureau d'Ibrahima.

Il part chercher les clefs de la salle de conférence dans laquelle je dois dispenser ma première formation sur le thème "je lance mon activité". Avec ses 6 ou 7 collègues, nous attendons son retour dans son bureau. Par chance, il est climatisé.
Je profite d'une accalmie pour appeler Romain, de Planète Urgence, afin de lui faire part des nombreux aléas organisationnels.
Enfin Ibrahima ressurgit. Alors que je me prépare à migrer vers la salle,il m'annonce que celle-ci est occupée jusqu'à midi. Je brouillonne : est-ce qu'on n'aurait pas pu anticiper cela?? Bien sûr, c'était écrit sur le registre qu'on aurait pu consulter, ou encore appeler le bougre qui gère les services généraux. Mais non. Il est 10:45, nous devons trouver un plan B pour la formation de ... 11:00... Calme...Je respire un grand coup... Pas de problème, nous allons nous serrer dans le bureau climatisé.
J'attaque le module sur le lancement d'une activité, ou comment transformer une idée en entreprise. Le groupe est dynamique, l'échange se fait bien. Voici la pose inévitable : le thé! Il est presque midi trente. Ici les repas se font tard, rarement avant 14:00. J'ai prévu le coup grâce à un copieux petit déjeuner.

Nouveau rebondissement... Le chef d'Ibrahima n'a pas été prévenu de la formation, qui plus est dans ses locaux. Guerre d'égos, lutte de pouvoir... Le tableau nous est repris. Quelques minutes plus tard, j'apprends que la formation devra s'arrêter à 13:30. Deux petites heures de formation contre les 7 initialement prévues... Le rythme est donné... Je suis dépitée et agacée par ce manque de sérieux. Ce n'est pourtant pas si compliqué de prendre ses dispositions et de sécuriser un événement aussi important que deux semaines de formation. Je fais part de mon mécontentement à Ibrahima en allant déjeuner. Il a l'air abattu. Je m'en veux un peu, puis, non... Il a la chance de pouvoir bénéficier de ces formations, il faut faire le nécessaire pour qu'elles puissent de dérouler au mieux.

Je retrouve mes stagiaires après déjeuner, un peu contrits eux aussi de ce changement de plan. Ils s'accordent pour travailler à la maison les exercices que nous avions prévus ensemble l'après-midi. Partons là-dessus alors...

[Chapitre 2] Flexibilité

Lundi 21 septembre, 11:00. Aéroport Léopold Sedar Senghor, service généraux.

Ibrahima, correspondant local de Planet Urgence, règle quelques affaires professionnelles. Nous en profitons pour échanger sur les besoins.
Les termes de la mission avec Planète Urgence sont explicites : un volontaire vient en renfort sur un projet local, à la demande d'un correspondant dans le pays. La mission doit s'inscrire dans le renforcement des compétences pour adultes, l'appui éducatif auprès des enfants ou encore la protection de la faune et de la flore. Les volontaires, financés par leur entreprise ou sur leurs fonds propres, interviennent sur une période de 2 semaines. C'est à la fois court et extrêmement long... Avec l'enveloppe qui lui est attribuée, le partenaire prend en charge le logement, la nourriture et les frais de déplacement du volontaire. Il rend compte à Planète urgence des dépenses, et doit coordonner les événements sur place pour que la mission se passe dans les meilleures conditions. Je vais vite comprendre le fossé que peur prendre le terme "organisation" à quelques milliers de kilomètres d'intervalle.

Un peu plus tôt dans la journée. Il est 9:00, Ibrahima vient me chercher à la Maison des Amis de la Nature, a l'embranchement de la route de Keur Massar et du village du petit Mbao.
J'affronte pour la première fois la tentaculaire cité dakaroise. Les bouchons succèdent aux bouchons. Les camions pétaradent d'une fumée bleue, les camionnettes chargées plus que de raisons touchent presque le sol, des bus surpeuplés transportent des voyageurs amassés comme dans une bétaillère. Il y a aussi les moutons, placés sur le toit des bus. Je revois un homme hisser l'animal, à bout de bras, au sommet du bus. Savez-vous seulement si les moutons ont le vertige?
Tout au long de la route, les vendeurs de bestiaux présentent leurs montons aux acheteurs potentiels. La "deux fois-deux voies" est saturées. L'atmosphère est irrespirable. Sur le bas coté, des vendeurs ambulants viennent proposer cartes téléphoniques, couteaux ou t-shirts. Nous nous embranchons sur l'autoroute payante et hors de prix. 1000francs (soit 1,50€) pour dix malheureuses minutes. Eiffage doit se frotter les mains... Il nous faudra presque 2 heures, en ce lundi matin, pour arriver à l'aéroport.
Ibrahima règle quelques affaires professionnelles, pendant que je discute avec ses collègues. À son retour, nous étudions les différentes options de travail. Il y a bien trop de stagiaires potentiels, géographiquement trop éloignés. Ils ne pourront pas faire le déplacement jusqu'au centre de formation, c'est certain. Je propose de diviser l'effectif en trois groupes. Nous convenons également qu'il serait plus simple de conduire les formations au plus près des stagiaires.
    - Groupe 1: le GIE des femmes, à Leur Massar (environ 40km au nord est de Dakar)
    - Groupe 2 : les maraîchers, situés dans les faubourgs de Dakar, près du Golf inondé
    - Groupe 3: les futurs entrepreneurs. Ce sont les amis et collegues d'Ibrahima. Je soupçonne un peu de copinage et d'opportunisme là-dessous... Peut être un moyen pour Ibrahima de se valoriser aux yeux de ses collègues et pour ceux-ci d'ajouter une corde à leur arc pour le jour où, Inch Allah, ils créeront leur entreprise... Qu'importe, je ne suis pas là pour juger.
J'apprends que la fête de la Tabaski (plus connue chez nom sous le nom d'Aïd) va contraindre les formations. De jeudi à samedi inclus, Dakar tourne au ralenti. Nous ne pourrons pas travailler. De plus, Ibrahima n'a pas planifié les séances par anticipation, les stagiaires ne sont pas prévenus, la liste n'est pas arrêtée. Quant aux créneaux convenus de formation, de 9:00 à 17:00, les voilà balayés d'un revers de main... Début à 11:00 au plus tôt, fin vers 16:00. Avec cela, on ne va pas aller très loin dans le programme... Heureusement que, prise par le temps, je n'ai pas préparé trop de cours, j'aviserai au fur et à mesure...

Je profite du temps mort de la matinée pour ajuster mon support pour la première formation qui se tiendra le lendemain, pour les futurs entrepreneurs. Grâce à la connexion internet, j'informe Romain, mon correspondant pays pour Planet Urgence, de l'organisation très approximative de la mission sur place et des changements intervenus. Il s'en désolé, mais que faire d'autre? J'ai la situation en main, jusqu'ici tout va bien. Je sens quand même que mes nerfs vont être mis à rude épreuve !
J'insiste lourdement auprès d'Ibrahima sur la courtesse des délais, ainsi que les engagements contractuels avec Planète Urgence. "Pas de problème, on va faire au mieux...". Moui...

14:00, on part déjeuner. Nous prenons rendez-vous avec Madame Sarr, présidente du GIE pour le soir même.
15:00, il pleut des trombes. Alors que nous voulons reprendre la route pour l'aéroport, la pluie redouble d'intensité. Les essuis glace de la vieille guimbarde sont en panne. Impossible de repartir. Nous patientons. Il pleut presque autant dedans que dehors. Enfin les gouttes se dissipent. Cependant, les eaux ont envahi les rues. Les égouts vomissent des litres et des litres d'un liquide marron, boueux.
Nous sommes bloqués. Le niveau des eaux est tel que les voitures sont arrêtées. Seuls les cross-over, ou les plus hardis, osent s'aventurer dans ce fleuve urbain. Les minutes s'égrainent. Il est presque 16:00, ma journée n'a pas encore commencée. Nous devons retourner à l'aéroport pour les dispositions logistique, puis rencontrer les maraîchers et enfin aller jusqu'à Keur Massar pour rencontrer Madame Sarr.
Je bouillonne... Je sens que, vraiment, ça va être compliqué. Je désespère de ne pouvoir tenir le programme que je me suis tacitement rédigé. Je grogne à l'idée de ne pas pouvoir partager tout ce qui est nécessaire pour de simples questions d'organisation. Je veux bien céder face aux impondérables, mais buttée par désorganisation m'excède. Pourquoi ne pas simplement téléphoner pour réserver la salle? Contacter chaque stagiaire pour fixer la date et définir des maintenant le calendrier ? Il est 16:30, nous avançons enfin. Je n'ai aucune idée du planning des jours à venir...

À l'aéroport, nous faisons choux blanc. Le niveau des eaux nous pousse à faire demi-tour. Mes ballerines en daim beige maudissent l'hivernage. Sans leur dire, je soupçonne que ce voyage soit le dernier. Il faut affronter à nouveau la cohue, le tohu-bohu des véhicules, les entrailles du Dakar pollué, l'inextricable enchevêtrement des carcasses dézinguées. Le tout baignant dans une bouillasse marron, faite de boue et de déchets divers.

[Chapitre 1] Fin de l’hivernage

Un nuage noir se profile à l'horizon. Il se rapproche à vive allure, présage sans sommation d'un orage virulent. Les premières gouttes viennent caresser les vitres du bus bondé dans lequel j'ai pris place. Ce n'est que le début. Elles arrivent, telles une cavalcade. Plus nombreuses, plus denses, plus rapides. Nous descendons à l'embranchement. 

Il ne reste que 200 mètres avant d'arriver à la Maison des Amis de la Nature. Bollel me colle dans un taxi. Je rouspète : "pour 200 mètres, je peux marcher!" "Mais il pleut!" me rétorque-t-il. Évidence...
Le vieux tacot ne démarre pas : impossible de remonter la vitre du conducteur. Vaines tentatives. Il pleut dans l'habitacle, par la fenêtre et par le toit. La vieille carcasse est trouée de rouille. Mais elle roule. Dois-je considérer que c'est un miracle ou simplement le Sénégal? Qui sait...
Enfin nous démarrons. À quelques encablures, je me manifeste. Je descends du véhicule, traverse la route sous une pluie battante. Je tente de maintenir au sec les fournitures que je transporte : rouleau de papier et ordinateur en priorité.
Dehors, le ciel craque, l'orage gronde. La maison s'emplit peu à peu d'eau, par tous les interstices. Il est 18:00, je prends la plume pour la première fois, à l'abri. Le toit de la tonnelle me protége la tête. Mes jambes reçoivent la fraîcheur des gouttes, mes pieds nus pataugent dans les flaques qui s'emplissent. Tonnerre violent. Je sursaute. Encore. Je tressaille. Les éclairs sont immédiatement accompagnés du son colérique de Zeus. La foudre tombe sous les yeux. Je rentre me mettre à l'abri. C'est la fin de l'hivernage. Bientôt  s'écouleront les dernières gouttes de pluie. La saison sèche prendra place. D'ici là il faudra panser les dégâts faits par les intempéries. Les routes sont défoncées, les égouts saturés, les écoulements bouchés. Le trafic se paralyse. Les activités économiques tournent au ralenti.


L'orage a cessé. Je profite maintenant de la fraîcheur. L'horizon se dégage.

[Chapitre 0] Au pays de la Teranga, des baobabs et du Tienboudienne

En route pour de nouvelles aventures..
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Je m'envole pour 2 semaines de volontariat au Sénégal. Je pars en mission pour une ONG du nom de Planet Urgence, dont Sopra (mon employeur) est partenaire. Je prends la direction de Dakar où je vais intervenir en renfort à la gestion de projet et l'entrepreneuriat pour une association locale.
Il semblerait également que je me lance, une nouvelle fois, dans la rédaction d'un carnet de route. Je ne peux pas vous promettre de longs récits, ni même une fréquence régulière. Inch Allah, comme on dit par ici!


Je ne sais si le chemin sera bitumé ou s'il sera fait de pistes. Je n'ai pas d'idée sur ce qui va m'arriver sur place, ni même si l'inspiration me viendra pour ce nouveau carnet de voyage. Je ne sais pas non plus à quelle fréquence je pourrais accéder à internet pour vous transmettre les chapitres de cette aventure inédite.