vendredi 23 janvier 2015

[Chapitre 12] Mortelle araignee

Nous débarquons sur les rives du fleuve Napo pour une marche de nuit. Objectif: observer l'incroyable faune qui peuple la foret.

Nous avons constamment sur nous une lampe torche, du répulsif à moustiques, de la crème solaire et de l'eau purifiée. Voilà qui constitue de kit de l'explorateur amazonien. Nous enfilons nos bottes, un haut à manches longues puis il nous reste à asperger de répulsif les zones découvertes. La torche allumée, nous descendons de la pirogue pour découvrir la faune nocturne.

A travers la nuit profonde, nous avançons dans la jungle. Les hurlements des oiseaux, le crissement des feuillages, nos pas dans la nuit...l'atmosphère est incroyable. 
Nous rencontrons successivement petite araignées venimeuses, scorpions phosphorescent, fourmis transportant des feuilles faisant deux fois leur taille, blattes... Ces petites bêtes sont loin d'être affectueuses, et nombre d'entre elles maitrisent la technique de l'empoisonnement. Sympa non?


La caravane que nous formons sur l'étroit sentier avance dans la foret. Soudain un cri. Anny, une américaine du groupe, hurle tant qu'elle peut. Agitation. Fabrizio, le guide, se précipite jusqu'à elle. A ce moment, nous ne savons pas ce qu'il se passe. Tout peut arriver. Une bête a sauté sur cette pauvre fille et s'est agrippée à ses fesses. Plus de peur que de mal. Il s'agit d'un grillon, le plus gros insecte de la jungle, près de 10 cm. Tout de même! Un bon fou rire plus tard nous reprenons la marche. Le guide nous avouera qu'il avait craint un instant qu'un serpent lui soir tombé dessus...

Il est 20:30, nous rentrons au camp. Maria, la cuisinière, nous a concocté un agréable diner. Soupe aux lentilles, poisson frit et riz. De quoi rassasier la troupe d'aventuriers.
Fabrizio nous présente le programme du lendemain. Nous avons rendez-vous dans un village voisin, à 12km de là. Il décroche la carte accrochée au mur pour localiser l'endroit.
Il laisse échapper un cri de surprise et s'immobiliser. Lentement, il pivote la carte vers nous. Une énorme araignée à l'abdomen dodu, se trouve à une poignée de centimètres de sa main. Il cesse tout mouvement. Les secondes sont interminables. Soudain la créature se met en mouvement. Fabrizio lâche immédiatement le cadre contenant la carte. Il tombe face contre terre et vient écraser l'arachnide. 
La pression retombe du même coup après un silence de plomb. Le guide nous explique qu'il s'agit d'une araignée Capuccino. Son venin, mortel, paralyse progressivement chaque muscle du corps jusqu'à entrainer la mort, dans un délai de 2:00. L'hôpital le plus proche est à 2 heures de pirogue et 1:30 de bus...


Apres quelques discussions autour d'un dernier café, nous regagnons nos chambres. Nous scrutons chaque centimètre carré de la pièce a la lampe torche afin de s'assurer qu'on ne partagera pas notre lit avec une charmante créature.

Je me glisse dans mon drap de soie. Ce sac de couchage ultra léger m'isole de ce monde hostile. Je rabats la moustiquaire puis le sommeil m'emporte sans tarder.



[Chapitre 11] Premiers pas en Amazonie

15 Janvier 2015 - Quelque part en Amazonie, au nord-est de l'Oriente.

J'ai quitté Quito il y a 14 heures maintenant. Récit d'une épopée haute en couleur.

23:00, je monte dans le bus pour Lago Agrio. 

Pendant 8 heures, nous allons avaler les sommets, grimper a près de 4000metres, rouler à travers des paysages escarpés, surement grandiose, que la nuit a englouti.

1:18, je suis réveillée par la pression de l'altitude dans mes tympans. Nous n'aurons cesse de monter et descendre jusqu'à 4:45 du matin, dernière fois que je regarde la pendule. Mes oreilles me font horriblement souffrir. Mon organisme n'est décidément pas habitué à ces conditions extrêmes. Je sens chaque variation de pression, positive ou négative. Chacune vient frapper plus fort encore mes oreilles. Je n'ose même plus forcer la décompression tant la douleur est puissante. Entre deux sommets, je m'assoupie...

6:15, arrivée à Lago Agrio. Nous sommes une poignée de Gringos à attendre le prochain bus. Autant de corps inertes assommés par le trajet. 3 heures à attendre, las, échoues sur la terrasse d'un troquet sans amé.

Enfin un autre bus nous emmène plus profondément dans le foret. Nous traversons des villes sorties de nulle part, des villages dortoirs des travailleurs du pétrole.

La valse du véhicule finit par m'endormir.

Dernier tronçon du trajet. Il nous reste deux heures de pirogue pour atteindre le campement. Nous naviguons sur le Rio Napo.





Epopée boueuse à la recherche d'un anaconda

Anaconda





La réserve du Cuyabeno s'enfonce aux confins de l'Amazonie, près des frontières péruviennes et colombiennes.
Nous avançons dans les méandres d'un fleuve boueux. Nous apercevons les premiers signes de l'incroyable diversité qu'offre la nature : singes, papillons de toutes les couleurs, tortues aux reflets moirés de bleu, oiseaux...


Hoazin huppé. Il est considéré comme l'oiseau moderne le plus ancien encore existant : plus de 18 millions d'années



Enfin nous arrivons au campement. De jolies cahutes au toit de palme encerclent une salle de repos. Je suis alors confortablement installée dans un hamac pour vous conter cette incroyable épopée à travers l'Amazonie...


Quito

[En cours de construction]







La Mitad del Mundo (le Centre du monde)





[Chapitre 10] A près de 4000 mètres...

Quito, vendredi 09 janvier 2015.

Je pose les pieds sur le sol de la seconde plus haute capitale du monde, Quito, perchée à 2850m d'altitude. J'y retrouve Sofia, camarade de Master de retour dans sa ville natale après un séjour à Paris.
L'aventure reprend. Nouveau pays, nouveau climat, nouvelle devise (moyennement exotique, ici le dollar fait foi depuis 15 ans). En route pour de nouvelles épopées à travers les Andes.

La Cordillère, j'en rêve depuis des années. Depuis que je me suis prise d'intérêt pour la tumultueuse histoire de la construction du canal de Panama, il y a de cela presque 15 ans... Quand la petite histoire rencontre la grande... Lorsque la petite Marine pénétrait dans une librairie hors d’âge à Tréguier, en Bretagne, et qu'elle feuilletait journaux anciens et livres anciens. Elle allait plonger le nez dans un bouquin poussiéreux relatant la fabuleuse épopée de la famille de Leceps, ingénieurs virtuoses du canal de Suez. L'aventure familiale essuiera néanmoins un redoutable échec à Panama, alors entre les mains de la Colombie. La malaria décime les ouvriers, les sols sont inadaptés aux techniques qui ont pourtant effectué des prouesses en Egypte. Les scandales politico-financiers finissent d'achever l'ambition française. Finalement les américains reprendront le chantier. A l'aide d'autres techniques, sur une autre zone, et en ayant connaissance des causes du paludisme, ils construiront l'un des plus importants ouvrage d'art au monde... Ainsi, j'avais commencé à tisser la trame du rêve qui me liait aux paysages andins.
Il y a aussi les Incas, les indiens quechuas, rendez-vous en terre inconnue, Tintin, les lamas, la coca, la patchamama... Autant de représentations qui alimentent l'imagination.
Cette fois, j'y suis...

Samedi matin, les parents de Sofia nous attendent. Direction le sud de Quito : La laguna de Quilotoa puis Baños.
De part et d'autre de la route s'élèvent des crêtes sculptées dans la montagne, plus hautes les unes que les autres. Un relief déchiré mais verdoyant, fascinant et envoutant. Le Cotopaxi joue à cachecache derrière les nuages. Il ne daigne pas pointer le bout de son nez, ni même esquisser les formes de sa silhouette pourtant parfaite.

Les montagnes alentour se couvrent d'un patchwork de cultures étagées.




Nous bifurquons, direction le Quilotoa. Nous prenons de l'altitude. La végétation change distinctement. Nous venons de passer la barre des 3200 mètres. Nous continuons à nous élever, toujours plus haut. 
J'aperçois les premiers indigènes quechuas. Les traits cuivrés, les joues roses et les yeux ronds. De petits bouts de femme portent de superbes châles colorés, de petites chaussures à talons et surtout un magnifique chapeau de feutre surmonté d'une plume de paon. Depuis le pick-up de la famille Luna, j'ai l'impression de voyager dans un film, depuis mon canapé "tout confort". Le contraste est saisissant entre notre mode de vie et le leur...
Nous arrivons au Quilotoa. Nous voilà a près de 4000 mètres d'altitude. 


Dans un cratère entouré de crêtes plus hautes encore, repose un lac d'altitude. Le regard s'accroche à la corolle de falaise qui entoure la masse verte-turquoise qui recouvre la caldeira. Celui-ci est imposant tant par son immensité que par la couleur de ces eaux. D'une seconde a l'autre, la lumière change et les eaux passent du bleu nuit au turquoise intense, en passant par un dégradé de verts.







Nous descendons le long d'un chemin escarpé que des milliers de personnes ont foulé avant nous. Pourtant, à ce moment, la terre aurait pu s'arrêter de tourner. Nous serions restées là, à observer ce spectacle de la nature.
Nous devons maintenant remonter la pente descendue. J'allais commencer à ressentir les conséquences de cette expédition en altitude.
Le souffle court, le cœur battant, impossible de faire plus de 10 pas d'affilée. Chaque effort supplémentaire semble insurmontable. Enfin, nous arrivons au bout.


Mais ce n'est que le début des effets indésirables de l'altitude. Mon organisme allait me faire payer cher cette escapade vers les sommets andins. Les variations de pressions oppressent les vaisseaux sanguins, ma tête est prise dans un étau. Puis ce sont les oreilles. Les changements brutaux d'altitude me déclenchent une otite à l'oreille gauche. Elle s'accompagnera d'une double conjonctivite. L'air sec d'altitude n'arrange pas le mal de gorge que je traine depuis Salento...


Nous arrivons à la nuit tombée à Baños, cité thermale perchée à 1850m d'altitude et baignée de nuages. Dommage, il y a (parait-il) de superbes sommets alentours, notamment le volcan le plus actif du pays. Nous n'en verrons rien...
Le lendemain, nous partons a la découverte des cascades environnantes. La cascada El Diablo est accessible après 20 minutes de descente escarpée qu'il faudra bien sur remonter au retour! 

Agréable terrain de jeu, nous crapahutons autour et derrière cette immense masse d'eau, complètement trempées mais réjouies de profiter d'un tel paysage.

Baños est réputée pour ses activités de plein air : rafting, canopying, parapente balançoire dans le vide et sans harnais... Il y en a pour tous les goûts, et pour tous les niveaux d'adrénaline. Pour ma part, j'ai une confiance limitée dans la mise en conformité des infrastructures...




Balançoire sans filet...




Nous discutons de l'organisation de mon escapade en Amazonie, prévue le surlendemain. Les parents de Sofia sont inquiets de me savoir seule pour effectuer ce long voyage. Ils se plient en 4 pour étudier les meilleures alternatives et me trouver un séjour clé en main. Ils ne savent pas que l'aventurière qui sommeille en moi est en quête d'aventure et de rebondissements. Soit, je m'adapte. On va bien trouver un entre deux. Nous récupérons l'adresse d'une agence sérieuse et bien notée sur Tripadvisor. Pour l'heure, retour à Quito.

Je ne suis pas au meilleure de ma forme. Mes tympans sont toujours aussi sensibles. Il nous reste encore quelques sommets à grimper avant de regagner la capitale... En route!


[Chapitre 9] Sentir battre le coeur de Bogota

Bogota...

Cette ville donne des frissons. De loin, elle est terrifiante. Mafia, drogue, violences, insécurité... Portrait bien sombre d'une ville qui a pourtant plus à offrir.


J'ai rendez-vous avec Juan Paulo, un cousin d'Abel, avec qui j'ai passé une partie de la semaine en bord de mer à Coveñas. Malgré quelques difficultés pour nous contacter, rendez-vous est pris pour 14:00 en bas de mon hostel.
11:30, hostel La Pinta, quartier Nord de Bogota. Le chauffeur de taxi me dépose devant une façade quelconque, sans enseigne. L'endroit n'est pas très accueillant. Je pousse la porte. Bienvenue à La Pinta, hostel aux dortoirs cosis et dans lequel chacun fait sa vaisselle. Soit...


12:30. Le gars de la réception fournit des informations sur les immanquables de la ville a visiteur tout juste arrivé. Je m'y greffe et entame la discussion. Nous n'allions plus nous séparer pour les 36 prochaines heures (ou presque!).
C'est ainsi que j'allais parcourir la capitale colombienne en compagnie de Ken, sino-américain, de Juan Paulo et de sa copine Alejandra.

Apres un déjeuner pantagruélique pour 12000 pesos, soit environ 5€, nous prenons la direction du Musée Del Auro, comprenez musée de l'or. Incroyables vestiges d'une société lointaine, croyant trouver dans l'or le Dieu Soleil...





Pause bien méritée autour d’un chocolat chaud dans lequel faire fondre du fromage. Ça vous tente? I did it :)




21:00, Andres Carne de Res. Victoria, la cousine d'Abel, nous rejoint. Nous avions programmé cette petite virée il y a 10 jours, à Coveñas. Nous y voilà.

Impossible à décrire. A mi-chemin entre un bar, une boite de nuit et un parc d'attraction. Des créatures étranges, directement sorties d'une soirée Halloween chahutent les visiteurs. Elles n'ont cessé de dénouer le ruban de ma robe... Je vous passe le groupe de frappa-dingues porteurs de masques à oxygènes qui passent les clients au compteur Geiger (?) en rampant sur le sol!
Serrés à 4 à l'arrière du taxi









Au dernier étage, le purgatoire. On y danse la salsa, le reggae tone, le merringhe (?) et autres. Il fallait donc que je traverse la moitié de la planète pour passer une partie de la nuit en boite. Voilà qui devrait surprendre plus d'un lecteur!


Au retour, nous sautons dans un taxi, sous les conseils bienveillants de nos hôtes locaux. Il y a effectivement quelques précautions à prendre dans la déstabilisante Bogota. Mais les conseils avisés de mes guides nous permettent d'appréhender la ville sans encombre.

Le lendemain matin, nous poursuivons la visite, Ken et moi. Puis nous sommes rejoints par Juan Paulo et Alejandra. Ainsi nous feront ils visiter leurs coins préférés, leurs lieux de balades... 










Il est déjà temps pour moi de partir pour de nouvelles aventures. Direction Quito, Equateur.